Un temps d’inspiration. Souffle retenu, intérieur/extérieur, et renaître sous les feux de la rampe.
Attendu par un public conquis, se placer dans le faisceau d’un projecteur. Ou se frayer un passage dans le brouhaha compact d’un café. Ou capter le regard déshabitué de passants dubitatifs.
Même si l’entrée était payante, vous n’avez acheté qu’un espace circonscrit, un temps bien éphémère. Le reste, et toute rencontre est un supplément d’âme, vous sera offert (forcément).
Voyez-les, ils s’offrent d’un mouvement de corps, de quelques notes ou de quelques mots et s’y condensent tout entier. L’aisance n’est qu’apparente. Le don est une fragile alchimie. Voyez-vous, ils n’ont pas vraiment le choix : insincères, ils seront mauvais.
L’essentiel vous étant offert (vous êtes-vous arrêtés finalement ?), qu’en avez-vous fait, qu’en retiendrez-vous en définitive ? S’il ne fallait garder qu’une image pour tout résumé ?
Illustration : Public lors d’un concert. Concert de No One Is Innocent, Fête de l’Humanité, La Courneuve, 10 septembre 1994.